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Les Géants Guinguet et Cafonette représentent un couple de "Copères" dinantais embourgeoisé par les années 1900 et les progrès technologiques.
Le Cheval Bayard pour sa part, redonne vie à un mythe selon lequel le fameux destrier des quatre fils Aymon fendit le rocher du même nom à Dinant pour traverser la Meuse et échapper ainsi aux soldats de Charlemagne.
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Guinguet, citoyen de Dinant…
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Mais qui est donc ce Guinguet ? Il s'agit en fait des trois frères Debri dit "Guinguet". Ils ont réellement existé et ont réalisé un acte de bravoure en 1815. Il existe plusieurs versions de cet acte.
Nous reprenons ici une version qui a le mérite d'être traçable. Elle a été publiée dans un recueil de contes intitulé "La tour aux Rats" (parution en 1887 à Bruxelles chez Mme veuve Monon). Parmi ces 18 contes, figurait un récit évoquant l'épopée des frères Guinguet qui arrêtèrent les Cosaques à Dinant en 1815. L'auteur de ce charmant petit livre était Frédéric Cousot, né à Dinant le 23 février 1856.
Voici l'histoire:
C'était après la défaite de Waterloo, les armées de Napoléon sont en déroute. Le 22 juin 1815, vers midi, un déserteur français arriva porteur de mauvaises nouvelles. On le conduisit chez Benoît Flaupart, maire de Dinant en ce temps-là. Une heure plus tard, le crieur public annonce à la population consternée que deux milles cosaques arrivent à marche forcée sur Dinant pour châtier la ville pour les secours prodigués aux soldats français. Ce fut une panique effroyable, Dinant se souvenait du Charolais … Les rues se vidèrent, les volets furent partout baissés. Le maire lui-même s'était calfeutré dans une chambre haute, aux aguets derrière les persiennes closes. Une patrouille passa vers 8 heures. Sans doute était-ce l'avant-garde ! Mais non, c'étaient les frères Guinguet, épiciers du Forbot, qui passaient, armés de pied en cap. Le maire leva les persiennes. " Où allez-vous, Grand Dieu " demanda-t-il ? " Au Rocher Bayard, arrêter les Cosaques " s'écria Cyprien, l'aîné des trois Guinguet. Il faut savoir qu'à cette époque, le rocher Bayard n'était pas contournable comme maintenant. Il fallait obligatoirement passer par la faille, le pas Bayard comme il est souvent mentionné dans les livres d'histoire. " Mais vous les exciterez " repris le maire " et vous nous ferez tous tuer " " Les Guinguet ne connaissent que le devoir " s'écria Cyprien, et ils s'en furent. Il était 9 heures quand ils arrivèrent au Rocher Bayard. Là, ils se firent apporter des chaises, allumèrent un feu et se mirent à manger. La nuit se passa sans alerte. L'aube parut. Tout à coup, Cyprien vit pointer deux cavaliers, bientôt suivis d'une masse sombre dans un tourbillon de poussière. C'était les Cosaques, couverts de peaux de bêtes. " Ils sont bien deux milles ", estima Cyprien ! Jean et Jacques, morts de frayeur, voulaient fuir. Bientôt parut l'avant-garde. L'officier qui la commandait s'étonna de voir devant lui ces trois drôles, assis bien à l'aise, fermant le passage. Quand il vit s'avancer un gros major moustachu, Cyprien pris peur et se tourna vers Jacques et Jean qui s'effaçaient de plus en plus. " Allons vôs ôtes, faut'y les leyi passè ? " " Oui Cyprien " répondirent-ils à voix basse. Cyprien remit son fusil au port d'armes. " Que veut dire tout cela ?", dit le major, en russe. Mais les Guinguet ignoraient la langue. On ne sait ce que comprit le major, mais il fit signe à la troupe qu'elle pouvait avancer.
L'armée passa, calme, dans Dinant, conduite par les frères Guinguet, Cyprien menant par la bride le cheval du commandant. Le maire, entrouvrant sa persienne questionna Cyprien à voix basse : " Où allez-vous comme çà ? " " Les reconduire à la frontière de l'autre côté de l'eau, c'est convenu ! " " Qui aurait dit cela des Guinguet " fit le maire avec une pointe d'envie. Le soir, sous des arcs de triomphe, les trois frères Guinguet rentraient dans la ville pavoisée. Et voilà comment Cyprien Guinguet avait fait prisonnier un corps de deux milles Cosaques.
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